enfer

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Voir aussi : Enfer

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

Du latin infernus (« qui est en dessous »), apparenté à infra, inferior, etc.

Nom commun [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
enfer enfers
\ɑ̃.fɛʁ\
Représentation de l’enfer. (3)

enfer \ɑ̃.fɛʁ\ masculin

  1. (Antiquité) (Au pluriel) Séjour des morts, avant le christianisme.
    •  Teutatès, Tut-tat, père des hommes. […] César a cru reconnaître en lui, Dis, dieu des enfers ou Pluton ; mais César ne savait pas que les Gaulois n’avaient point d’enfer, et, par conséquent, pas de dieux infernaux. — (François-Xavier Masson, Annales ardennaises, ou Histoire des lieux qui forment le département des Ardennes et des contrées voisines, Mézières : imprimerie Lelaurin, page 61)
    • Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, […], est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, […]. — (Prière catholique dite « Je crois en Dieu »)
  2. (En particulier) (Au pluriel) Lieux souterrains où les Grecs et les Romains croyaient que les âmes allaient après la mort.
    • Orphée alla chercher Eurydice aux Enfers.
    • Héraclès descendit aux Enfers.
    • Je l’aime, non point tel que l’ont vu les Enfers, volage adorateur de mille objets divers — (Jean Racine, Phèdre, 1661)
  3. (Religion) Lieu destiné au supplice des damnés.
    • Les prêtres, ses confrères, déposèrent ce juge indulgent ; l’un d’eux lui dit : « Mon ami, je ne crois pas plus l’enfer éternel que vous ; mais il est bon que votre servante, votre tailleur, et même votre procureur, le croient. » — ( Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764)
    • Que je le plains, pécheur, en ton heure dernière!
      Les maux les plus affreux sont amassés sur toi ;
      Le noir enfer, séjour rempli d’effroi,
      T’attend au bout de la carrière.
      — (Félix Dupanloup, Manuel des petits séminaires et des maisons d’éducation chrétienne : Mort du pécheur, 1844, 2e édition, page 106)
    • L’église chrétienne va transformer les fantômes et les revenants en âmes en peine en même temps qu’elle met en place le Purgatoire entre l’Enfer et le Paradis. Les morts ont besoin des vivants et les moines de Cluny mettent en place la fête des morts. — (Claude Nachin, Les fantômes de l’âme : à propos des héritages psychiques, 1993, page 21)
    • [Selon le recueil de superstitions Yü-Li], les méchants sont tués par le tonnerre, ou tourmentés de diverses façons dans l’enfer : plongés dans un trou à fumier ; jetés sur des sabres et des couteaux ; condamnés à la faim et à la soif, à suer leur sang, à revêtir des habits de fer rougi au feu, à être jetés dans la chaux, à être hachés et mis en pièces, à être gelés… — (Émile Bard, Les Chinois chez eux, A. Colin et Cie, Paris, 1899)
  4. (Sens figuré) (Familier) (Par extension) Lieu où l’on souffre, où l’on est au supplice, où l’on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre.
    • Rien n’a pu effacer le souvenir de la sauvagerie de la pointe du Raz et de la Baie des Trépassés, et l’horreur fascinante de la mer mugissant dans l’enfer de Plogoff. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, De New-York à Tahiti, tome 1, 1929)
    • C'était l’enfer quand je devais débarquer tout seul des frigos américains, et il y en avait beaucoup. Ils faisaient au moins dans les 40 kilos. C’était très dur aussi quand il fallait se mettre à deux pour superposer tout un stock de lave-linge très lourds aussi. — (Anonyme, Moi, Anthony, ouvrier d’aujourd’hui, Raconter la Vie, « 3 », Éditions du Seuil, 2014)
    • Avoir l’enfer dans le cœur se dit d’une personne tourmentée de remords, ou agitée par la haine.
    • Je suis une pauvre rate
      Ma vie est un enfer.
      Mon frère est un bandit
      Ma mère une sorcière.
      — (Les Enquêtes de Chlorophylle, 1992–1995)
  5. (Par métonymie) Démons ; puissances de l’enfer.
    • L’enfer en gémit.
    • L’enfer se déchaîne contre lui.
  6. (Sens figuré) Partie réservée d’une bibliothèque où sont conservés les ouvrages dont la communication est jugée dangereuse, considérés comme licencieux ou « contraires aux bonnes mœurs ». Créé au début du XIXe siècle, il s’agissait au départ d’une simple pièce dans laquelle on enfermait ou cadenassait toutes les œuvres (livres, médailles, etc.) ou objets le plus souvent à caractère érotique et qui étaient interdits au grand public, mais accessible uniquement sur recommandation.
    • Sade commençait seulement à sortir du purgatoire, sinon de l’Enfer de la Bibliothèque nationale. — (Jean-Claude Zylberstein, Souvenirs d’un chasseur de trésors littéraires, Allary Éditions, 2018, page 107)
  7. Citerne où se recueillent les eaux mêlées au marc d’olive dans les huileries. On en tire une huile de basse qualité dite « huile d’enfer ».

Antonymes[modifier le wikicode]

Dérivés[modifier le wikicode]

Apparentés étymologiques[modifier le wikicode]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier le wikicode]

Proverbes et phrases toutes faites[modifier le wikicode]

Méronymes[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Prononciation[modifier le wikicode]

Anagrammes[modifier le wikicode]

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Voir aussi[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

Ancien français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(Vers 980) enfern. Du latin infernus. Apparenté avec enfern en ancien occitan.

Nom commun [modifier le wikicode]

Cas Singulier Pluriel
Cas sujet enfers enfer
Cas régime enfer enfers

enfer *\Prononciation ?\ masculin

  1. Enfer.
    • En tut enfern n’at si fole — (Voyage de saint Brendan, édition de Claudin, vers numéro 1415)
    • D’infer froissa les serreures — (Vie de sainte Marie l’Égyptienne, ms. 23112 de la BnF, f. 337v. b.)
  2. (Antiquité) Les Enfers.
    • Berberius est d’enfer portiers
      Garder l’entree est son mestiers
      — (Roman d’Eneas, ms. 60 français de la BnF, f. 157v. c.)

Variantes[modifier le wikicode]

Dérivés dans d’autres langues[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]